Considéré il y a encore peu de temps comme une pratique exceptionnelle, le télétravail prend aujourd’hui de l’ampleur.

Rappelons la règle énoncée par le gouvernement fin octobre : 100% en télétravail lorsque cela est possible. L’objectif est clair : continuer à limiter le nombre de contacts que chacun peut avoir compte tenu de la crise sanitaire actuelle.

Les avis sur les conséquences du télétravail sont partagés : des discussions entre patronats et syndicats ont lieu pour réduire légèrement la proportion du télétravail d’ici janvier 2021. Pour le ministre de la santé, Olivier VERAN, il faut, si la situation le permet, que les salariés retrouvent petit à petit leur lieu de travail. Le ministre a par ailleurs insisté à juste titre sur le coût et la face cachée du confinement : stress, déprime, isolement, ras-le-bol. Il ne parlait pas uniquement du télétravail bien sûr, mais l’adopter à 100% pose des problèmes pour certaines entreprises.

 

  • Quel impact sur l’économie et sur la santé des travailleurs ? 

L’effet du télétravail sur la productivité des salariés commence à être étudié en profondeur. Certains économistes pensent qu’elle augmente (moins de temps de transport et davantage de tranquillité). D’autres disent que la créativité collective en prend un coup.

En revanche, certaines études montrent que le télétravail ne pousse pas à la hausse des salaires, sans doute parce que les entreprises peuvent chercher des salariés où elles le veulent.

Pour autant, il y a fort à parier que ce nouveau mode de fonctionnement continue à nous accompagner courant 2021, voire qu’il s’inscrive durablement dans les pratiques des salariés et des employeurs, tous secteurs confondus. Cette technologie de l’information transforme le rapport que les salariés entretiennent avec leur travail au sein des entreprises.

73 % des télétravailleurs estiment que ce nouveau mode de travail délivre un impact positif sur leur propre hygiène de vie (équilibre entre vie privée et vie professionnelle, meilleure organisation des salariés ayant des contraintes familiales, plage horaire plus large pour une meilleure organisation de travail, très forte réduction de l’absentéisme et du retard, gain d’autonomie et de responsabilité, moins de stress et moins de fatigue, fidélisation des salariés…). En un mot, elle permet de gagner en productivité.

 

  • Qu’en est -il des entreprises ?

L’aspirant télétravailleur n’est pas le seul à trouver des avantages au télétravail. Il séduit de plus en plus les entreprises.

Selon une étude récente menée par Malakoff Médéric, 92% des dirigeants d’entreprises jugent que le télétravail participe à une meilleure qualité de vie au travail ainsi qu’à une autonomie et responsabilisation accrue des salariés. 67% estiment également que le télétravail génère une plus grande efficacité au travail. Sur le terrain, de plus en plus de managers perçoivent les avantages concrets qu’ils peuvent tirer du télétravail. Il a également contribué à hausser le taux d’emploi des personnes handicapées ainsi que leur intégration : ils peuvent ainsi concilier travail et soins médicaux.

Les ordonnances Macron entrées en vigueur en 2017 ont récemment assoupli le régime juridique associé au télétravail dans le code du travail, afin de permettre à ce mode d’organisation du travail en vogue de se démocratiser. Il est aujourd’hui légalement plus simple de télétravailler de manière ponctuelle ou même régulière selon les entreprises !

 

  • Qu’est-ce que le télétravail implique dans un cabinet de conseil et chez ses clients ?

L’interaction entre client et prestataire demeure primordiale, car la priorité demeure la relation établie entre le projet du client et les prestations de l’intervenant. C’est donc au client de préciser s’il souhaite que le prestataire soit en entreprise ou en télétravail. Vu les circonstances actuelles, le télétravail s’est généralisé, donnant naissance à un management repensé pour permettre à chacun d’être le plus à même de satisfaire la demande des clients. Le télétravail est donc bien possible car les cabinets sont équipés pour répondre à la demande des clients.

 

  • Et qui dit cabinet de conseil, dit secteurs bancaire et d’assurance :

 Le principal défi auquel ces secteurs vont encore devoir faire face durant les mois à venir est le retour à un semblant de normalité malgré la persistance du virus.

En ce qui concerne le secteur bancaire, la difficulté se situe plutôt au niveau des informations confidentielles qui ne sont pas censées franchir la frontière des banques car elles doivent être préservées de toute intrusion extérieure. Elles ont donc dû s’adapter en mettant en place un dispositif technique permettant de garantir la confidentialité de ces données.

La mutation des banques vers le télétravail peut par ailleurs offrir de nouvelles opportunités. Les banques les plus en avance sur ces sujets de société ont pour nouvel objectif, dans les années qui viennent, de généraliser davantage le télétravail afin de multiplier par trois le nombre d’emplois. Dans ce secteur, le travail à distance deviendra avec le temps un vecteur de création d’emplois non négligeable.

Les compagnies d’assurances ont quant à elles reçu de la Fédération française de l’assurance, au cours du mois de novembre 2020, un courrier de trois pages, signé de l’inspection du télétravail, lui rappelant les règles en vigueur pour le télétravail dans le cadre de ce nouveau confinement.

Il ressort de ce courrier que selon la FFA, 95% des salariés administratifs du secteur de l’assurance seraient bien actuellement en télétravail. Les règles semblent avoir été plutôt respectées dans le monde de l’assurance, puisqu’aucune mise en demeure ou sanction n’aurait été prononcée à l’encontre des entreprises sujettes à cette série de contrôles.

Les compagnies d’assurances se trouvent dans une situation particulière, puisque les agents administratifs sont invités à travailler de chez eux, alors que les agents généraux ont été autorisés à maintenir leur activité en présentiel. La partie commerciale, à savoir le travail en agences, faisait en effet partie des métiers épargnés par la deuxième vague du confinement, à l’instar de ceux de la rénovation et de la construction, ou encore des études notariales.

 

  • Le télétravail à l’International :

Selon une étude réalisée par WRIKE, éditeur de gestion de projets collaboratifs, 29% des entreprises autorisent le télétravail en France, 33% en Allemagne, 48% en Grande Bretagne, 43% en Australie et en Inde, 80% au Brésil. La France semble donc avoir plus de réticences que la moyenne à généraliser le télétravail.

 

Regis ATCHESSI, Consultant Sénior

 

 

Loading spinner